VITICULTURE. producteur et négociant en Languedoc-Roussillon, Alsace,
Portugal et Australie, Michel Chapoutier était l'invité de l'Inseec, école
de commerce implantée à Paris, Lyon et Bordeaux (9 000 étudiants au total)
et qui dispense plusieurs diplômes pointus axés sur le vin
Vins : « Une crise de sous-qualité »
Michel Chapoutier n'est pas un adepte de la langue de bois. L'homme est,
depuis une vingtaine d'années, à la tête de l'entreprise familiale
bicentenaire qui fait autorité en vallée du Rhône. Installée à Tain (Drôme),
la Maison Chapoutier emploie 140 personnes pour 5 millions de cols vendus
par an.
Également producteur et négociant en Languedoc-Roussillon, Alsace, Portugal
et Australie, Michel Chapoutier était l'invité de l'Inseec, école de
commerce implantée à Paris, Lyon et Bordeaux (9 000 étudiants au total) et
qui dispense plusieurs diplômes pointus axés sur le vin. Après l'oenologue
Michel Rolland pour la promotion 2008 et l'homme d'affaires Pierre Castel
pour celle de 2009, le Drômois est en effet le parrain haut de gamme de la
cuvée 2010 du master wine marketing & management (1).
« Le mot crise est sur toutes les lèvres. Il ne s'agit ni d'une crise de
sous-consommation ni de surproduction, mais de sous-qualité des vins mis sur
le marché », lâche Michel Chapoutier devant un parterre d'étudiants
installés dans une salle des locaux flambant neuf de l'école (2 200 m2)
situés dans le quartier des Chartrons. « Rappelons que près de 20 % des vins
commercialisés par le Bordelais et la vallée du Rhône sont retoqués lors du
suivi aval qualité (SAQ) », indique celui qui siège également dans les
instances d'Inter-Rhône, l'interprofession locale.
Ce SAQ est une dégustation a posteriori, menée depuis des années par la
plupart des interprofessions, et dont les résultats restent souvent
confidentiels. Fonctionnant com-me une sorte de « contrôle-qualité interne »
au vignoble, des échantillons sont prélevés sur les rayons (France et
étranger) et dégustés ensuite par des jurys. Si un échantillon sur cinq
n'est pas digne de l'AOC revendiquée sur l'étiquette (y compris pour les
appellations prestigieuses), il y a de quoi s'inquiéter. « Quelle entreprise
automobile ou de fabrication de machines-outils se permettrait la mise en
marché de 20 % de produits défectueux ? », s'est interrogé cet adepte de la
biodynamie.
S'ouvrir aux vins des autres
Malgré la montée généralisée du niveau qualitatif des vins produits en
France, et face à la concurrence mondiale effrénée, trop de vins mauvais ou
médiocres passent donc à travers les mailles du filet. L'abandon du système
des agréments des vins, pour un contrôle plus aléatoire - la réforme est en
cours -, pourrait faire évoluer les choses.
« Nous ne devons penser qu'au consommateur. Les interprofessions ne sont pas
là pour mener des actions sociales », martèle Michel Chapoutier, dont une
biographie écrite par Jean-Charles Chapuzet sortira en novembre aux éditions
Minerva. L'homme prône à tous les niveaux l'ouverture d'esprit : dans la
culture du raisin, vers les autres vignobles et les vins d'autrui. « Je
reconnais un bon vigneron à l'éventail de sa cave personnelle : plus elle
abrite de bouteilles hors de sa région, plus il a de chances d'être un bon
professionnel. Sinon, il est enfermé dans ses vins et ceux des voisins ».
Pour « s'ouvrir », Michel Chapoutier va au bout de sa logique : toutes ses
étiquettes (et sa carte de visite) sont traduites en braille. Un cas unique
en France.
(1) Bordeaux Management School, l'autre grande école bordelaise délivrant
des enseignements sur le marketing du vin, remet aujourd'hui les diplômes à
la promotion 2008-2009 de son Wine MBA au château Rochemorin (AOC
Pessac-Léognan).
Pour ce que j'ai compris, il n'y a jamais de "rejet" suite à un défaut
qualitatif relevé par le ( SAQ )
seulement un avis ( pour info ) envoyé à l'opérateur défectueux .
Le rejet est possible et effectué sur le lot de mise en marché
chez le producteur ou le conditionneur .
Si l'embouteilleur est dans un autre pays de la CEE .
Il est seulement possible de le siffler !
--
J'aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de
travers.
[ Mes Pensées ]
Citations de Charles de Secondat, baron de Montesquieu